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Date de
parution : avril 1995 Editeur : Ecole
des Loisirs Collection :
Petite Bibliothèque Auteur : Philippe
Corentin Âge : dès 6 ans |
Descriptif : C'est l'histoire d'un ogre qui revient de la chasse en habit colonial. Il en ramène un loup, une petite fille et un gâteau pour son garde-manger. Mais il ne peut traverser la rivière qu'avec un seul passager à la fois…
Avis syndical : Il s’agit d’un exercice de pure logique. L’ogre doit trouver le bon process pour faire traverser une à une ses proies sans que celles-ci une fois livrées à elles-mêmes se dévorent. Car la petite fille adore les gâteaux. Ce gros pervers de loup (encore lui !) adore les petites filles. Et encore heureux que les préférences de cet animal aillent plus vers le salé que vers le sucré sans quoi l’équation serait insoluble.
On est dans l’analyse de situation, la réflexion, la recherche de solution.
Remarquons d’abord l’importance capitale de l’accès à l’information pour résoudre cette difficulté. L’ogre ne découvre que progressivement les données du problème. Il perd dès lors un temps considérable, s’épuise, s’énerve et offre ainsi la possibilité à son environnement de prendre l’ascendant. C’est une vérité absolue : l’information éclairée est mère de tous les succès. Il est donc fondamental qu’un syndicat soit suffisamment renseigné sur sa collectivité, sur les agents qu’il défend, sur ce qui se projette. De l’autre côté du miroir, la Direction a elle aussi besoin d’informations fiables pour mettre en place sa stratégie. Cet enjeu décisif et partagé explique souvent du reste ce petit jeu du chat et la souris qui s’organise en filagramme entre chaque camp : ça se joue à des détails, une réunion bilan trop bien préparée, un temps contraint, etc.
Amusons-nous
surtout de la rivalité jubilatoire qui s’installe entre les trois condamnés. Ils
finiront dévorés, ils sont
résignés. Pour autant ils n’en oublient pas moins leur nature profonde, leur
différence, leur appétence. Il n’y a guère que le gâteau qui au bout de la
chaîne alimentaire n’exerce aucune menace pour qui que ce soit. Ce constat en
dit long sur les relations interpersonnelles en situation de crise et conduit à
un parallèle intéressant. Car il faut le dire, les organisations syndicales
sont en compétition entre elles.
En compétition mais pas en rivalité puisqu’elles sont censées in fine poursuivre le même objectif : défendre les intérêts des salariés, rien de plus. Or il existe une petite nuance entre ces deux notions, un espace de liberté, un interstice qu’il est plaisant d’exploiter par des petits fions bien ajustés, la plus efficace des émulations.
Apprécions enfin
le dénouement heureux du massacre annoncé. Les proies s’enfuient saines et
sauves. L’ogre est bon pour faire maigre. Conclusion : il y a une solution
à toute situation désespérée. Il suffit d’entrevoir l’opportunité…

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