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Date de
parution : octobre 2002 Editeur : Grund Collection : Un
livre à caresser Auteur :
Catherine Allison Âge : de 3 à 6 ans |
Descriptif : Un jour, un petit ours blanc quitte sa grotte pour la première fois et va à la rencontre du monde. Il s'amuse dans la neige avec son nouvel ami le phoque, rencontre un majestueux renne... Cet ours s'amuse tellement qu'il en oublie son chemin, et se retrouve perdu au cœur d'une forêt très dense. Comment va-t-il pouvoir retrouver son chemin ?
Avis syndical : Le chemin il le retrouve grâce à un petit esquimau. Sauf que la rencontre crée un vrai malaise chez le lecteur. On touche du doigt, au sens propre comme au sens figuré, l’ambiguïté du monde des Hommes : l’esquimau, tout serviable qu’il est, porte pour habit une peau d’ours. Même couleur, même douceur.
Pourvu que la question innocente ne soit pas posée. Comment expliquer au gouillat que la même main peut prendre et donner ? L’animal dépecé, les beaux morceaux mangés, la graisse conservée, la peau travaillée, les os sculptés…
La difficulté de la frontière est posée subtilement mais se traduit concrètement. Comment le syndicaliste doit se comporter face aux puissants ? Peut-il répondre à une joue tendue ? Comment doit-il réagir à un tutoiement facile ? Et que faire lorsqu’une main est tendue bien haut au fond d’un couloir important pour avoir été de ceux qui un vendredi soir finissaient tard ?
« À quelle sauce allons-nous être mangés ? » - « Manger dans le creux de la main ». Ces expressions ont du sens. L’enjeu est de taille. Eviter de passer pour un social-traître, de se faire endormir par une fausse connivence, d’être redevable d’une attention, etc.
Certains tranchent le nœud gordien et s’installent, confortablement finalement, dans un rapport de force systématique avec la Direction. La manœuvre est simple, traditionnelle même, et a le suprême mérite de passer pour héroïque.
D’autres tentent laborieusement de dénouer les problématiques en proposant des alternatives équilibrées, ce qui implique plus de discussions, plus de rencontres et donc une apparente proximité.
Il s’agit de trouver la posture juste et sans doute n’y a-t-il pas de règles absolues en la matière. Tout est question de contexte, d’histoire personnelle, d’expérience.
Une exigence absolue toutefois. Rester digne de la confiance donnée par nos électeurs et le faire savoir. Si le fond est respecté, la forme retrouve toute sa liberté.
Dès lors,
pourquoi ne pas répondre à cette main tendue bien haut au fond d’un couloir
important ? L’air de rien le même courage du signe indien…

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